La Voix du Nord - Edition du mercredi 30 avril 2008
SOLIDARITÉ
Des musiques de femmes opprimées pour la cause des mères afghanes
La
veille de l’attentat de Kaboul, l’Afghanistan faisait déjà l’actualité
à Béthune. C’est au profit des femmes de ce pays que les Mères Pour la
Paix organisaient un concert samedi au théâtre.
Sensibilisé à
leur cause par la présidente Bernadette Capelle entre la poire et le
fromage d’un banquet des anciens du lycée, le chef d’orchestre Stéphane
Cardon, un ancien de Blaringhem, était à la baguette. Ce soir-là, il a
redoublé de zèle pour diriger l’orchestre de Douai dans un programme
italien qui faisait la part belle aux femmes opprimées. La Rosine du
Barbier de Séville, par exemple, qui en dépit du caractère joyeux du
tourbillon de crescendo de Rossini, résiste à un barbon sur le point de
la contraindre à un mariage forcé. Ou encore l’héroïne de La Pie voleuse , une servante condamnée à mort après la disparition de couverts en argent finalement retrouvés dans un nid. Ou la Traviata de Verdi réduite à la condition de courtisane, ce que l’on appellerait aujourd’hui une call girl.
En version instrumentale, cet arrière-plan aura peut-être échappé à une
fraction du nombreux auditoire qui s’était déplacé par solidarité. Mais
toute la salle a apprécié la netteté du détail et la flamme de
l’orchestre dans les tutti. Stéphane Cardon, qui avait dédié son
précédent concert à une compositrice peu jouée, Germaine Taillefer, a
choisi cette fois une oeuvre de Nino Rota, un musicien de cinéma
négligé par les orchestres symphoniques. On a pris d’autant plus de
plaisir à cette découverte que la recette financera l’acquisition de
kits d’accouchement pour la maison des femmes gérées par les Mères Pour
la Paix dans un pays au deuxième rang mondial pour la mortalité
infantile. • CH. L.







